Affiche

Faustae Tabulae

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L’histoire du projet « Faust » comme l’a conçu et mis en scène Thierry Salmon, est l’histoire d’une perte. Perte de la mémoire collective, perte de traces de la culture occidentale, perte de la vie urbaine, perte de la mémoire personnelle des artistes, des acteurs…


La trame narrative de « Faustae Tabulae » est basée sur le troisième acte de l’opéra « Faust » de Gounod mais aussi sur deux autres textes : « Le voyage d’Anna Blume » de Paul Auster et « Le guérisseur de cathédrale » de Philippe K. Dick.


…« Simon F., musicologue, est amoureux d’Elisabeth, fille d’un docteur mort qui a essayé de sauver ce qu’il pouvait du savoir de l’humanité. Ils sont réfugiés dans un bunker, à l’abri d’un monde ravagé et menaçant pas si loin du nôtre. Ils découvrent une des dernières tablettes sauvegardée par le père savant : la fin du « Faust » de Gounod. Elisabeth est plus faustienne que Simon : elle est convaincue que Faust est responsable de la dégradation du monde, qu’il a vendu son âme pour la jeunesse et les plaisirs, que ces fragments du « Faust » retrouvés recèlent un secret lié à la mort de son père. Elle pousse Simon à reconstituer, dans la clandestinité, les lambeaux de l’opéra, avec des artistes et d’en fixer la mémoire avec des copistes-dessinateurs.


« Faustae Tabulae » se déroule dans un monde de l’urgence, d’indicible menace extérieure. Le Mal et la violence assiègent ouvertement la ville extérieure qui a fait l’économie progressive de toutes ses valeurs. Simon est amoureux de la musique. Tous les livres ont été brûlés et la partition faustienne qu’il a découverte par hasard, épargnée, lui a permis de survivre dans ce monde hyper-individualiste. Le travail sur ce « Faust » est sa bouée de sauvetage. Le rêve d’Elisabeth pousse Simon à réunir des individus très différents autour du même projet. Progressivement, ils vont, malgré eux, reproduire les comportements, qui, à l’extérieur, ont ruiné la ville.


Ma question en montant »Faust » était liée, à celle, spécifique, de la mémoire du théâtre, et plus large, de l’oubli de pans complets d’histoire par une société. On vit dans une perte de mémoire de tous les instants et dans l’oubli total des conséquences d’actes posés dans le passé. La seule réponse, pour moi, à ce jour, c’est l’importance d’inscrire au plus profond les choses en soi, pour éviter l’ablation collective, l’amnésie, le trou noir. »


Thierry Salmon interviewé par Claire Diez, pour La Libre Belgique, Le 12.05.1995

Photos

Distribution

Vers les photos du spectacle

Distribution – Faustae Tabulae


Mise en scène
Thierry Salmon


Assistants
Manuel Antonio Pereira
Carmen Blanco Principal


Ecriture
Thierry Salmon Manuel Antonio Pereira

Conseiller littéraire
An-Marie Lambrechts

Direction musicale
Koen Kessels

Répétiteur
Xavier Rivera

Scénographie et costumes
Patricia Saive

Assistante
Pascale Bruhn

Réalisation costumes
Mari-Luz Sanchez

Images
Anne Quirynen

Caméra
Jurgen Persijn
Jorge Léon

Camera-design
Peter Missoten

Lumières
Enrico Bagnoli

Décor sonore
Luc D’Haenens

Directeur technique
Vincent Longuemare

Régie lumières
Didier Demorcy

Régie sonore
Stefan Wodzynski

Régie de plateau
Dimitri Linder, Phil Toussaint

Programma
Axel Claes

Producteur exécutif
Patrick De Laender

Avec :
Marie Bach (Dacha), Johan Bossers (piano), Jaan Bossier (clarinette/ klarinet), Renato Carpentieri (Balthazar), Arne De Force (violoncelle/ cello), Marie Louise Derval (témoin/ getuige), Bathylle Goldstein (violon/ viool), Christine Lamy (Dame Marthe), Dirk Laplasse (Simon/ Faust), Daria Lippi (Liv), Carmela Locantore (Helena), Piotr Nowacki (Méphistophélès), Renata Palminiello (Elisabeth), Pierre Renaux (Joachim), Fabrice Rodriguez (Bataglia), Cristina rubin (Marguerite), Dick Van der Harst (Bandonéon/ bandoneon)

Et :
Carmen Blanco Principal, Nicole Gredy, Frédéric Lammerant, Manuel Antonio Pereira (dessinateurs/ tekenaars), Asu Blanco Principal, Anne Delatour, Tania Garbanski, Agnes Guignard, Christiane Henri, Yvette Mergan, Stéphane Oertli, Liliane Salmon (Copistes-blanchisseurs/ kopijsten-papierblekers), Patricia Saive (maquettiste/ maquettenbouwer)

A l’écran : Mireille Capelle (Siebel), Jean Laffont (Valentin)

Ont soutenu activement le projet :
Fares Trabelsi, Luis Alvarez, Antoine Azar, Veerle Bakelants, Olivier Bastin, Lula Bery, Fabienne Damiean, Didier De Vriese, Yves Delattre, Franck Delmarcelle, Laurent Dombrowicz, Maylis Duvivier, Monsieur Gérard, Nicole Gredy, Philippe Groff, Isabelle Guindal, Soad Kaijal, Laurent Kaye, Giovanna Liradelfo, Christian Machiels, Julie Maret, Sophie Millier, Leila Mohamed, Didier Mouton, Christian Saive, Serge Saive, Renée Schiffmann, Monsieur Sylin, Bernard Vandenbossche, Pascale Vervloet, Michal Znaniecki

L’Escaut, De Kriekelaar, Le Théâtre de la Balsamine, l’U.L.B.

Avec le soutien de :
Ministère de la Culture de la Communauté française, Service du Théâtre, service de la Musique, Commission Communautaire française de la Région de Bruxelles Capitale.

Presse

… «  Les Faustae Tabulae  de Thierry Salmon distillent un autre charme. On y accède, par un parking, comme au cœur d’un bunker qui tiendrait de l’abri antiatomique, de la salle de classe et du laboratoire. Sur l’une des tables, la maquette d’une ville en destruction qui pourrait être Bruxelles. Impossible d’appréhender d’un coup ce spectacle où les sons et les images sont autant de pièces énigmatiques et contradictoires qui forment un étrange puzzle musical : le troisième acte du Faust de Gounod, transformé en œuvre de résistance, alors que, au-dehors, la tempête fait rage. Ils sont près de trente acteurs, chanteurs, musiciens, plasticiens, laborantins d’une mémoire en lambeaux, comme ces morceaux de papiers aux lignes effacées qui sèchent sur des fils. » …

René Solis – Libération - Le 17.05.1995



… « Quête de la mémoire, perte de sens, besoin de figer les choses du passé pour se rassurer…tout cela est au cœur de ce spectacle foisonnant d’idées et d’images. On y trouve la maquette figée d’une ville qui ne ressemble plus du tout à ce qu’elle était ; des personnages échappés des précédents spectacles de Salmon, la Dacha de « Des Passions », l’Hélène des « Troyennes » ; un grand de la comédie italienne,Renato Carpentieri dans le rôle de Balthazar, formidable embrouilleur de cartes, livrant une savoureuse parodie napolitaine du Faust de Goethe ; des chanteurs d’opéra et un petit orchestre interprétant l’œuvre de Gounod en direct ; une ancienne chanteuse de la Monnaie évoquant ses souvenirs ; l’intrusion de la vidéo comme seul témoignage de la vie extérieure. Autant d’éléments qui permettent à Salmon d’approcher ce « Faust » dont il ne connaissait pas grand-chose hormis le fameux « air des bijoux » chanté dans tintin par la Castafiore. Partant de cette méconnaissance, le metteur en scène a enquêté, questionné et créé ce spectacle puzzle. » …

Jean-Marie Wynants - Le soir - Le 16.05.1995



… « Una delle cose più emozionanti di « Faustae Tabulae », anche se forse soltanto per qualche spettarore, è l’immagine di Carmela Locantore che vaga muta e solitaria per lo spazio scenico, col costume indossato anni fa nelle « Troiane ». Resa ancora più bella dall’avanzata maternità. Portando anche qui l’enigma della bellezza e l’estraneità di quel suo personaggio, Elena (a lei non caso Salmon riserva l’ultima battuta, pero con le parole del « Faust » di Goethe). Ma c’è anche, fra i personaggi, la Dasha dei « Demoni » interpretata dalla tenera Marie Bach. In uno spettacolo dedicato alla memoria e alla sua cancellazione, (…), Salmon sembra giocare con la memoria sua e dello spettatore richiamando in vita due momenti del suo passato « italiano ». La lunga avventura delle « Troiane », culminata nella rappresentazione della tragedia nell’anfiteatro creato sulle rovine di Gibellina, nel greco antico che diventava canto nelle voci delle 34 interpreti e grazie all’intervento di Giovanna Marini. E l’altrettanto frammentato e lungo projetto di « Des Passions » con cui rileggeva il romanzo di Dostoevskij. Ma proprio questi due lavori sono anche il simbolo di un metodo che era già implicito nel bellissimo « Fastes/Foules » con cui si era conosciuto il regista belga, all’inizio degli anni ottanta. Un metodo di lavoro in cui lo studio, l’approfondimento dei raporti, protratto spesso per un periodo molto lungo, ha un ruolo determinante, anche al di là del risultato finale. Dove dunque diventa cruciale proprio l’equivalenza fra teatro e memoria su cui si interroga lo spettacolo, nella dichiarata sfiduccia davanti a una volontà di una riproduzione meccanica che vuol dire letteralmente « fermare » il processo. »

Gianni Manzella – Il Manifesto – Le 09.06.1995